38 témoins, de Lucas Belvaux avec Yvan Attal, analysé par Didier Decoin - VIDEO Bretagne au coeur

Coup de coeur de Cécile, Espaces culturels E. Leclerc de Bretagne

Nommé dans la catégorie Meilleure adaptation pour la 38e cérémonie des César 2013

38 témoins de Lucas Belvaux, nommé à la 38e cérémonie des César 2013 dans la catégorie Meilleure adaptation. Ca sonne presque comme une évidence numérique pour ce film qui s'est fait malheureusement trop discret à sa sortie en salles, en dépit de ses grandes qualités : acteurs, intrigues, sujet, montage ET adaptation fine et intelligente. Car ce livre est une adapation du roman-récit de l’écrivain, scénariste, Membre de l’Académie Goncourt, Didier Decoin, C’est ainsi que les femmes meurent, paru aux éditions Grasset puis en Livre de Poche. Si le livre fait le récit d'un fait divers survenu à New-York en 1964, le film de Lucas Belvaux dénonce le même drame aujourd'hui, en France dans la ville du Havre.

 

Synopsis :

Alors qu'elle rentre d'un voyage professionnel en Chine, Louise découvre que sa rue a été le théâtre d'un crime. Aucun témoin, tout le monde dormait.

Paraît-il. Pierre, son mari, travaillait. Il était en mer. Paraît-il… La police enquête, la presse aussi. Jusqu'à cette nuit où Louise rêve. Elle rêve que Pierre lui parle dans son sommeil. Qu'il lui parle longuement. Lui qui, d'habitude, parle si peu…

 

[VIDEO] Didier Decoin, auteur du livre dont est adapté le film, raconte les coulisses de cette brillante adaptation...

Il s’avère que la ferveur d’Yvan Attal fut telle pour cette tragique histoire de ces 38 personnes qui assistent à un meurtre en bas de leur immeuble et ne bougent pas, que le comédien-réalisateur courut dès le jour de la sortie du livre, réserver les droits d’adaptation chez les éditions Grasset. Le résultat pour le lauréat du Prix Goncourt 1977 fut à la hauteur de l’enthousiasme du binôme Belvaux-Attal !

 

« J’ai jubilé quand j’ai vu le film. La façon qu’ils ont eu de ne pas faire un film « gore »… on ne voit pas une goutte de sang dans le film. Toute la tragédie de la mort de la petite Kitty Genovese, qui a un autre nom dans le film puisqu’elle a un nom français, est dans le moment de la reconstitution et encore on ne voit même pas la reconstitution, on l’entend. C’est un travail d’adaptation formidable. C’est une leçon. De même que l’histoire de Kitty Genovese est devenue un paramètre que l’on enseigne dans les écoles de psychologie, je pense que l’on devrait enseigner l’adaptation de Belvaux/Attal dans les écoles de cinéma parce que c’est formidable intelligent. Et j’ai été profondément touché par le film ».

 

« Ces 38 témoins : ce ne sont pas 38 salauds, ce sont 38 personnes qui n’ont rien compris au film ! »


Didier Decoin nous a expliqué en quoi ce drame de Kitty Genovese est intemporel, qu’il n’est pas l’expression moralisatrice permettant de stigmatiser la lâcheté de l’individu mais un symptôme de l’indifférence et de la passivité individuelle de nos sociétés à fenêtres, de la conviction que chacun de ces 38 témoins avait sans doute, que son voisin d’à côté allait réagir comme justification intime de sa non-assistance.

 

Ce livre, C’est ainsi que les femmes meurent, comme son adaptation cinéma, 38 témoins, chacun à leur manière, nous interrogent sur nos révoltes, nos oppositions, sur la portée d’un film, des réflexions qu’ils suscitent et des changements de comportement qu’il peut induire.

 

Est-ce ainsi que les femmes meurent ?

Didier Decoin

Editions Grasset (broché)– parution : février 2009

Editions Livre de Poche – parution : mai 2010

38 témoins 

de Lucas Belvaux avec Yvan Attal

Sortie DVD : juillet 2012


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